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Les institutions financières européennes : vers un point d’inflexion

20 août 2020

Selon Romain Miginiac d’Atlanticomnium, malgré un premier semestre difficile, les banques et les compagnies d’assurance européennes ont fait preuve d’une grande capacité de résistance et leurs bilans restent extrêmement solides. Quant à la pression exercée sur le secteur, elle s’atténue progressivement.

Dans le prolongement de notre article sur les résultats des banques au premier trimestre 2020, les résultats du deuxième trimestre confirment que la crise de la Covid-19 touche davantage les bénéfices que les bilans. Avec une plus grande visibilité sur les perspectives macroéconomiques et compte tenu du fait que de nombreux émetteurs ont anticipé les impacts liés à la pandémie, le secteur a, selon nous, atteint un point d’inflexion dans la mesure où la plupart des répercussions négatives se sont déjà fait sentir. Du point de vue du crédit, la solvabilité à toute épreuve du secteur financier et sa capacité à absorber les conséquences négatives de la Covid-19 grâce à ses bénéfices constituent la pierre angulaire sur laquelle repose notre vision haussière de la dette subordonnée des financières. Les régulateurs partagent ce point de vue, comme en atteste la récente analyse de la Banque centrale européenne (BCE), qui a souligné la résilience du secteur lors de ce test de résistance en conditions réelles.

Les bénéfices des banques au deuxième trimestre sont favorables aux détenteurs d’obligations

Du point de vue des bénéfices, il ne fait aucun doute que les résultats du deuxième trimestre ont été tout aussi décevants que ceux du premier trimestre. La pression sur les marges d’intérêt, les provisions élevées pour créances douteuses et les dépréciations ponctuelles de goodwill ont toutes pesé sur les résultats courants, avec pour unique compensation, dans certains établissements, des nouveaux revenus trimestriels record dans les divisions de banque d’affaires et d’investissement. Loin des gros titres alarmistes de la presse, le principal point positif à retenir concerne indéniablement le capital. Nous avons conservé le même échantillon 1 de banques que celui utilisé dans notre dernier article pour les graphiques 1 et 2. Le graphique 1 montre que les ratios de fonds propres « Common Equity Tier One » (CET1) se sont redressés et que les capitaux excédentaires ont encore progressé.

Alors que les fonds propres des banques avaient diminué au premier trimestre du fait de l’inflation des actifs à risques pondérés, le deuxième trimestre a été marqué par une nouvelle salve d’assouplissements réglementaires et une atténuation des difficultés liées à l’activité de la clientèle. Ceci a permis de rétablir les ratios CET1 aux niveaux d’avant la crise de la Covid-19. Parallèlement aux allègements des exigences en matière de fonds propres du premier trimestre, le capital excédentaire a continué à augmenter. Par exemple, le capital excédentaire de Barclays est passé de 4 milliards livres sterling en décembre 2019 à 10 milliards de livres sterling en juin 2020, sous l’effet conjugué de la hausse des CET1 et de l’assouplissement des exigences au cours du premier semestre.

Graphique 1 : Les fonds propres des banques restent solides

 
Source : Atlanticomnium, rapports bancaires, voir les données dans les notes de bas de page au 17 août 2020. A titre d’illustration uniquement.

Les provisions pour créances douteuses sont restées au centre des préoccupations, au moment où les banques ajustaient encore leurs prévisions macroéconomiques et renforçaient les provisions relatives aux secteurs touchés par la Covid-19. Le coût du risque (provisions pour créances douteuses en pourcentage des prêts) n’a que légèrement diminué par rapport aux niveaux du premier trimestre 2020 pour atteindre environ 1,1% sur base annuelle, ce qui reste élevé. Néanmoins, au niveau agrégé, les bénéfices des banques avant provisions (leur première ligne de défense) restent suffisants pour absorber les provisions pour créances douteuses sans compromettre le capital excédentaire. En outre, les prévisions relatives aux provisions pour créances douteuses sur l’ensemble de l’année suggèrent que les banques ont anticipé les effets de la Covid-19 aux premier et deuxième trimestres (couvrant plus de la moitié des besoins en matière de provisions sur l’ensemble de l’année). Ainsi, les obstacles devraient s’atténuer au cours du second semestre. Si les facteurs utilisés (PIB, chômage) ont varié d’une banque à l’autre, dans l’ensemble les hypothèses retenues ont été conformes aux prévisions officielles et au consensus de marché, ce qui a permis de conforter tant les montants provisionnés que les prévisions des banques.

Graphique 2 : Le coussin des bénéfices constitue la première ligne de défense pour absorber des provisions pour créances douteuses élevées

 
Source : Atlanticomnium, rapports bancaires, voir les données dans les notes de bas de page à 17 août 2020. A titre d’illustration uniquement.

L’analyse de vulnérabilité menée par la BCE montre la capacité des banques à passer les tests de résistance en conditions réelles

En parallèle, la BCE a réalisé sa propre analyse de vulnérabilité, en modélisant l’impact potentiel de la pandémie de Covid-19 sur les fonds propres des banques. Le scénario central (le plus probable selon la BCE) prévoit une baisse de 8,7% du PIB de la zone euro en 2020 suivie d’une lente reprise jusqu’à la fin de 2022. La solvabilité des banques devrait alors rester importante à 12,6% (soit une baisse de 1,9% sur les exercices 2020-2022 par rapport au niveau de référence de 14,5%) puisqu’elles disposent d’un coussin de sécurité bien supérieur aux exigences.

L’analyse repose sur environ 200 milliards d’euros de provisions pour créances douteuses et 300 milliards d’euros de pertes (marché du crédit et risque opérationnel compris) sur un horizon de trois ans, entièrement absorbées par les bénéfices des banques avant provisions. Si la situation venait à se détériorer, les banques européennes auraient à leur disposition plus de 350 milliards d’euros de capitaux excédentaires susceptibles d’être utilisés pour absorber d’autres pertes inattendues. La BCE a ainsi adressé un message fort quant à la résilience du secteur bancaire européen.

Résistance des bénéfices des assureurs au premier semestre, malgré certaines fragilités

Les résultats publiés par les assureurs pour le premier semestre 2020 (généralement, les compagnies d’assurance publient des rapports semestriels plutôt que trimestriels) démontrent également la solidité du secteur. La solvabilité moyenne du secteur a diminué par rapport à l’exercice 2019, mais elle reste à des niveaux élevés, proches de 200% (contre environ 215% pour l’exercice 2019) soit le double des exigences – voir le graphique 3. Cette baisse est principalement attribuable à des effets de marché, à savoir la baisse des taux d’intérêt, mais aussi celle des actifs risqués (actions, crédit, etc.).

Si l’on considère les bénéfices du secteur, le rendement moyen des capitaux propres est passé de près de 10% à un peu plus de 7% au cours du premier semestre, ce qui reflète l’impact moindre de la Covid-19 sur les modèles opérationnels des assureurs par rapport à ceux des banques. Un certain nombre de divisions non-vie ont été durement touchées, notamment du fait des interruptions d’activité et des annulations d’événements. De même, les assureurs vie ont subi des effets indirects, quoique dans une moindre mesure, par exemple à travers la hausse de la mortalité. Certains assureurs commerciaux non-vie ou réassureurs ont donc été plus durement éprouvés que les acteurs spécialisés sur la clientèle de détail ou plus diversifiés. Toutefois, dans l’ensemble, les niveaux de rentabilité du secteur demeurent solides dans des conditions de marché difficiles.

Graphique 3 : La solvabilité des assureurs est élevée, au double des exigences

 
Source : Atlanticomnium, rapports des compagnies d’assurance2 , voir les données dans les notes de bas de page au 17 août 2020. A titre d’illustration uniquement.

Perspectives pour le second semestre – la lumière au bout du tunnel

Après un premier semestre difficile, les banques et les compagnies d’assurance ont pris des dispositions pour prévenir les répercussions de la Covid-19, exerçant ainsi une pression à la baisse sur leur rentabilité, les banques étant davantage touchées que les compagnies d’assurance. Selon nous, le second semestre restera difficile du point de vue des bénéfices, mais nous pensons que cette pression devrait progressivement s’atténuer à mesure que nous approcherons du point d’inflexion. Plus important encore, la solvabilité des secteurs européens des banques et des assurances reste extrêmement forte, ce qui assure aux détenteurs d’obligations une solide protection contre le risque lié au coupon et au principal de la dette subordonnée. Dans la mesure où ce dernier est un élément essentiel pour les détenteurs d’obligations subordonnées, la situation reste favorable pour cette classe d’actifs dont les valorisations demeurent, à notre avis, intéressantes. Enfin, nous estimons que l’analyse de vulnérabilité de la BCE apporte un motif de soulagement supplémentaire aux détenteurs d’obligations.

1L’échantillon comprend UBS, Credit Suisse, Standard Chartered, HSBC, Deutsche Bank, Barclays et Banco Santander. A titre d’illustration uniquement.
2L’échantillon comprend M&G Plc, Generali, Aegon, Allianz, CNP, AXA, Phoenix, Scor, Aviva, Achmea, Ageas, Intesa Vita, Crédit Agricole Assurances, Unipol Gruppo, Legal & General, Just Group, NN Group, Direct Line, Talanx, Munich Re, RSA Insurance Group, Admiral Group et Royal London. A titre d’illustration uniquement.

 

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