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Perspectives 2020 : les thèmes clés

20 décembre 2019

Nous avons demandé à plusieurs de nos gérants de nous présenter les thèmes clés qu’ils surveilleront tout particulièrement en 2020 et leur impact probable sur les catégories d’actifs dont ils s’occupent.

Les impacts financiers du changement climatique

John Seo, Cofondateur et Directeur exécutif de Fermat Capital Management, LLC

Nous estimons que le marché des ILS (Insurance-Linked Securities) est à l’avant-garde dans le suivi des impacts du changement climatique sur les économies et les marchés. Selon nous, les impacts nouveaux ou inattendus du changement climatique, particulièrement aux Etats-Unis, sont susceptibles de se matérialiser en premier lieu dans les prix des ILS. Cela s’explique par plusieurs raisons.

Si l’on met de côté d’autres considérations sociales complexes, d’un point de vue purement financier, le changement climatique agit sur les investissements de la même manière que l’inflation : en érodant potentiellement les prévisions de rendement réel à long terme. Les prévisions actuelles relatives au changement climatique et à l’inflation sont plutôt clémentes, mais ce sont les prévisions futures qui préoccupent le plus, tant pour le changement climatique que pour la politique monétaire. Pourtant, l’inflation se produit à un horizon 10 fois plus court que le changement climatique ; ainsi, les prévisions d’inflation ne vont généralement pas au-delà de 10 ans, alors que celles relatives au changement climatique portent fréquemment sur les 100 prochaines années. Dans ces conditions, nous pensons qu’il est important de s’intéresser tout particulièrement à la duration des actifs lorsqu’il s’agit d’évaluer leur vulnérabilité au changement climatique. La plupart des ILS ont une échéance d’un an, tandis que les plus longues ont des maturités de trois à cinq ans à l’émission. En revanche, les villes et les grandes infrastructures sont prévues pour durer des décennies. Alors que certains investissements traditionnels sont extrêmement vulnérables aux impacts à long terme du changement climatique, les rendements des ILS peuvent être réévalués pour tenir compte de l’« inflation » due au changement climatique à plus ou moins court terme.

Au cours des deux dernières décennies, nous avons assisté à une réponse du marché des ILS au changement climatique, et les prévisions le concernant ont largement été reflétées dans les prix. Plus généralement, nous y voyons le signe que le marché des ILS est structuré selon un « lien avec le climat » et/ou une « obligation à taux variable liée au climat ».

Le dollar américain pourrait se déprécier en 2020

Adrian Owens, Investment Director, Global Macro & Currency Fixed Income

Le dollar américain fait face à plusieurs forces concurrentes. A court terme, nous pensons que le dollar est soutenu par une croissance toujours assez impressionnante, des différentiels de taux d’intérêt et des perspectives de croissance tout sauf remarquables en Europe, en Chine et au Japon. Cela dit, à mesure que nous avancerons dans l’année, le différentiel de croissance des Etats-Unis avec le reste du monde devrait se réduire ; or, si l’économie du pays ralentit davantage, le déficit américain pourrait devenir vraiment préoccupant, étant donné la politique budgétaire procyclique de M. Trump. Les discours de M. Trump pourraient également s’avérer plutôt défavorables à la monnaie ; il essaie déjà d’influencer la Fed, et il ne serait pas vraiment surprenant qu’il commence à promouvoir activement une dépréciation du dollar pour soutenir les exportations. Au vu de ces préoccupations, nous pensons que les risques au cours de l’année 2020 tourneront autour d’une faiblesse du dollar américain.

Prix du pétrole et matières premières

Fabien Weber, Gérant de portefeuille, Devises et matières premières

Nous sommes actuellement dans une situation de surcapacité de production pétrolière qui, selon nous, explique l’effondrement de prix des deux derniers mois de 2018. Le cours du pétrole est souvent soumis à des variations saisonnières : il est normal que la demande soit plus faible en octobre et novembre, en raison des travaux de maintenance dans les raffineries. Cependant, l’ampleur de cette correction nous a surpris. Pour nous, c’est là un cas typique de réaction disproportionnée suivie d’une correction excessive.

Au vu des dynamiques positives sur le marché, nous pensons que les prévisions sont trop négatives. Avant l’introduction de nouvelles sanctions contre l’Iran, orchestrées par l’administration américaine début novembre, des dispenses ont été accordées à huit pays importateurs, dont la Turquie, la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Ils peuvent donc continuer à importer sans limitations pendant les six prochains mois.

Dans l’ensemble, nous tablons sur un marché légèrement positif au premier semestre 2020 mais, d’un point de vue technique, il pourrait facilement enregistrer une correction positive de 5% à 10%. L’annonce, début décembre par les pays de l’OPEP élargie, Arabie saoudite en tête, que la production de pétrole serait réduite de 1,2 million de barils par jour est venue étayer ce scénario. Néanmoins, l’année 2020 pourrait répéter 2014, étant donné l’offre en constante augmentation en provenance des Etats-Unis et la baisse de la demande. Le comportement de l’Arabie saoudite, qui se battra soit pour sa part de marché soit pour le niveau des prix, sera déterminant.

En dehors du secteur de l’énergie, l’orientation des prix des matières premières résulte actuellement de facteurs géopolitiques et macroéconomiques comme la guerre commerciale en cours entre la Chine et les Etats-Unis. Cela a une incidence toute particulière sur les produits industriels et agricoles. S’ils parviennent à résoudre la situation, cela pourrait être très positif pour les matières premières ; l’attention retournerait alors sur les fondamentaux qui, pour les métaux industriels, sont beaucoup moins négatifs que ce que reflète leurs cours actuels, sachant par ailleurs que le niveau général des stocks est faible. Les métaux précieux et l’or en particulier pourraient également commencer à bénéficier du sentiment que la Fed n’est plus si loin d’une politique monétaire neutre. Enfin, l’année 2018 a été difficile pour le secteur de l’agriculture en raison d’une offre importante sur le marché. Selon nous, 2020 ne sera guère différente et dépendra grandement des conditions météorologiques.

Tout progrès dans les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine bénéficie aux actions chinoises

Jian Shi Cortesi, Gérante de portefeuille, Actions de croissance asiatiques/chinoises

Le sentiment à l’égard des actions chinoises est devenu négatif en 2018, les investisseurs étant de plus en plus incertains quant à la façon dont l’économie chinoise pourrait être affectée par la guerre commerciale sino-américaine. L’administration américaine a imposé des droits de douane sur près de 50% des marchandises importées de Chine en 2018 afin d’équilibrer la balance commerciale entre les deux pays, mais aussi pour répondre directement à ce qui était considéré comme des politiques commerciales inéquitables de la Chine envers les Etats-Unis.

Nous pensons que cette guerre commerciale restera un thème majeur qui influencera la confiance des investisseurs et les fluctuations boursières en 2020. Cela dit, les investisseurs ont boudé les actions chinoises et leurs valorisations ont dégringolé à des niveaux très faibles, atteignant un PER (ratio cours/bénéfice) de 11, actions Internet incluses, et de 8 sans celles-ci. Par conséquent, si les négociations commerciales entre les deux pays progressent en 2020, cela pourrait constituer un catalyseur majeur pour les actions chinoises. Selon nous, une évolution du sentiment du marché de « très pessimiste » à simplement « moins pessimiste » pourrait suffire pour que les actions chinoises rebondissent de leurs faibles niveaux actuels.

Risque de crédit et nouvelles opportunités

Gary Singleterry, Investment Director, Obligations adossées à des actifs

Deux des principales expositions pour les titres adossés à des créances hypothécaires (mortgage-backed securities, MBS) sont le risque de crédit et le risque de prépaiement des emprunts hypothécaires. Selon nous, elles sont aussi bien source d’opportunités que de risques sur notre marché. Depuis 2011, nous estimons qu’assumer le risque de crédit sur le marché des MBS américains a été beaucoup plus intéressant qu’assumer celui de prépaiement des emprunts hypothécaires, un phénomène encore plus important pour le marché des agences.

Nous continuons à considérer que le côté crédit du marché des MBS est intéressant dans un avenir prévisible. Même si nous estimons que le risque de prépaiement des emprunts hypothécaires est relativement peu attrayant depuis plusieurs années, lui aussi commence à sembler plus intéressant. Nous continuerons à le surveiller étroitement, et si nous voyons un bon point d’entrée, nous envisagerons probablement de participer.

Pour nous, l’un des attraits du marché des MBS est qu’il présente un très grand nombre d’opportunités différentes. Certaines de ces opportunités gravitent aujourd’hui autour du financement des emprunts hypothécaires qui n’étaient pas performants, ou qui ont été modifiés et renouent désormais avec la performance. Ce segment a connu certaines évolutions intéressantes et les marchés des valeurs mobilières sont maintenant mis à contribution pour financer ces portefeuilles. Nous trouvons également des opportunités intéressantes dans le financement par agences de grands immeubles résidentiels. La demande de location est forte et nous pensons que cela va durer.

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